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La cérémonie du « breuriez », fête aux origines celtiques ( 1 er Novembre)

Je ne partage pas de recette aujourd’hui; je souhaitais vous parler de traditions ayant trait à cette période de la Toussaint, d’Halloween…

Halloween trouve ses origines dans une fête celtique, la Samain, remontant à 500 ans avant J.C. Il s’agissait d’un événement majeur dans la vie des Celtes où les vivants rentraient en communication avec les morts le temps d’une nuit, une nuit hors du temps, c’était un cérémonial visant à honorer les Ancêtres.
Cette fête correspond au jour de l’An celte, annonçant la fin des récoltes, l’arrivée du froid: « la saison sombre ».
Réprimée au Moyen Age par le christianisme, la fête païenne disparu au profit de la Toussaint.

A Plougastel-Daoulas, commune du Nord-Finistère d’où je suis originaire, l’esprit de cette fête a perduré jusqu’au milieu du XX éme siècle, date à laquelle elle déclina jusqu’à disparaître à la fin des années 70. La situation de presqu’île isolée a sans doute joué un rôle dans le maintien de cette tradition. Chaque année, à la Toussaint, un arbre à pomme était mis aux enchères pour célébrer les défunts.





Autrefois, la paroisse était divisée en plusieurs « frairies » (subdivison de paroisse), les « breuriez », regroupant quatre à cinq villages, alors que d’autres en rassemblaient jusqu’à quinze. Ces « breuriez », qui n’étaient pas régis par des chefs, se voulaient solidaires avec une entraide autant pour les travaux des champs, qu’en cas de maladie ou d’accident …




Le 1 er novembre, en début d’après-midi, se déroulait la cérémonie du « breuriez », rituel  commémoratif, permettant de réunir ce jour-là toutes les familles pour participer à un rite funéraire et exprimer leur solidarité entre membres d’un même « breuriez ». A cette occasion était présenté l’arbre de la frairie », nommé « Gwennez ar vreuriez », préalablement garni de pommes. Cet arbre pouvait être une branche de houx, d’if ou un arbre stylisé; son sommet était dans tous les cas taillé en forme de pointe. Il était à l’occasion de la cérémonie garni de pommes, la pomme symbolisant la connaissance et l’immortalité. Ainsi paré, il prenait le nom de « Gwezenn an anaon », « arbre des défunts » ou « Gwezenn avalou », « arbre à pommes ».






Le meilleur enchérisseur de l’année précédente le présentait à l’assistance en faisant trois fois le tour des personnes rassemblées et incitait les gens à enchérir. Les enchères étaient plus ou moins fictives car le nom de celui à qui reviendrait l’arbre jusqu’à l’année suivante était souvent connu d’avance, puisque l »arbre » était adjugé à tour de rôle afin d’aller de maison en maison dans chaque village. Cela pouvait prendre 40 ans pour que l’arbre passe dans chaque maison et que chacun puisse l’acquérir au moins une fois dans sa vie.
Une fois l’arbre remporté, l’adjudicataire receveur l’arbre, le vendeur gardant la pomme du sommet pour lui.


traditions celtiques



L’assistance se recueillait ensuite et priait les morts. En même temps se déroulait la vente de petits pains bénits par le prêtre de la paroisse dont l’argent récolté était consacré à faire dire des messes pour le repos des âmes des défunts du « breuriez ». Le soir dans les maisons, le « pain des trépassés » était partagé avant le dîner.



Cette tradition mi-païenne mi-chrétienne, voit un renouveau depuis quelques années, dans le souhait des habitants de la commune de faire perdurer et  connaître leurs traditions ancestrales. C’est l’occasion pour les plus anciens de partager leurs souvenirs et de nous éclairer sur la vie et la solidarité existant autrefois dans la commune.

Cette année, 4 cérémonies du « Breuriez » se dérouleront sur Plougastel: à Keralcun, Kerziou, au Passage (An Treizh) et à la Fontaine Blanche (Feunteun Wenn). L’argent récolté sera reversé aux associations humanitaires et associatives.




Bibliographie: 

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